En EHPAD, la maladie d’Alzheimer et les troubles apparentés sont au cœur du quotidien. Pour les équipes, la différence entre une simple « gestion » de la maladie et un véritable accompagnement personnalisé repose sur des connaissances solides, des repères clairs et une posture professionnelle adaptée.
Cette formation de 14 heures (2 jours), conçue spécifiquement pour les professionnels intervenant en EHPAD et limitée à 12 participants, a un objectif simple : donner à chaque membre de l’équipe les clés pour comprendre les troubles neuro‑cognitifs et psycho‑comportementaux, et transformer ces connaissances en pratiques concrètes, sécurisantes et bienveillantes pour les résidents comme pour les soignants.
Pourquoi une formation Alzheimer spécifique aux EHPAD ?
Le vieillissement de la population entraîne une augmentation constante des troubles neuro‑cognitifs majeurs, dont la maladie d’Alzheimer est la forme la plus connue. En EHPAD, une part importante des résidents présente des troubles de la mémoire, du langage, de l’orientation ou du comportement.
Sans formation dédiée, ces manifestations peuvent être vécues comme déroutantes, voire déstabilisantes, pour les professionnels comme pour les familles. Or, bien comprises, elles deviennent plus lisibles et peuvent être anticipées ou apaisées.
Cette formation répond directement à ces enjeux en proposant :
- une compréhension claire et accessible des mécanismes de la maladie d’Alzheimer et des maladies apparentées ;
- des outils pratiques pour adapter l’environnement, la communication et l’organisation des soins ;
- un espace de réflexion sur le vécu des résidents, des familles et des professionnels ;
- une dynamique d’équipe renforcée autour d’un langage commun et de pratiques partagées.
À qui s’adresse cette formation et dans quelles conditions ?
Cette formation est destinée à l’ensemble des professionnels intervenant en EHPAD, qu’ils soient directement ou indirectement au contact des résidents :
- aides‑soignants, infirmiers, médecins coordonnateurs ;
- psychologues, ergothérapeutes, psychomotriciens ;
- ASG, AMP, AES, animateurs, agents hôteliers ;
- cadres de santé, direction, personnel administratif impliqué dans les projets d’accompagnement.
Aucun prérequis n’est nécessaire: le contenu est construit pour être accessible à tous, tout en restant rigoureux sur le plan clinique et organisationnel.
Les modalités pratiques clés :
- Durée: 14 heures, soit 2 jours consécutifs ou non, selon l’organisation de l’établissement.
- Format: présentiel ou visioconférence, au choix selon vos contraintes.
- Effectif: 12 participants maximum, pour favoriser l’échange, les questions et les mises en situation.
- Cadre: formation intra‑établissement, adaptée à la réalité de votre structure.
Objectifs pédagogiques : ce que vos équipes vont concrètement gagner
Au terme des deux jours, les participants auront acquis des compétences directement transférables sur le terrain. La formation leur permet de :
- Comprendre la symptomatologie de la maladie d’Alzheimer et des maladies apparentées (troubles cognitifs, comportementaux, de l’humeur).
- Mieux communiquer avec les personnes atteintes, y compris lorsque le langage verbal est très altéré ou absent.
- Adapter l’environnement et l’organisation des actes de la vie quotidienne (toilette, repas, sommeil, continence) aux besoins et capacités des résidents.
- Impliquer et soutenir les familles dans la prise en charge, en expliquant la maladie et en valorisant la coopération.
- Renforcer la cohérence d’équipe en partageant un cadre commun d’analyse et d’action.
Un programme complet, centré sur les situations de terrain
Comprendre les troubles neuro‑cognitifs majeurs
La formation commence par la mise en perspective des notions aujourd’hui utilisées en gériatrie et en neurologie :
- la notion de troubles neuro‑cognitifs et de déclin cognitif multiple;
- l’évolution du terme de « démence » vers la notion de trouble neuro‑cognitif majeur;
- les critères de diagnostic des principaux troubles neuro‑cognitifs ;
- les grandes pathologies en cause : atteintes fronto‑temporales, maladie cérébrovasculaire, maladie à corps de Lewy, maladie d’Alzheimer.
Objectif : permettre à chaque professionnel de situer ce qu’il observe au quotidien dans un cadre clair, sans se substituer au diagnostic médical, mais en comprenant les enjeux de prise en charge.
Maîtriser la symptomatologie cognitive au quotidien
Les fonctions cognitives sont abordées de manière concrète, à partir d’exemples issus de la vie en EHPAD :
- le principe de traitement de l’information et ses étapes ;
- les différents types de mémoire et leurs fonctions ;
- les fonctions exécutives (planification, organisation, flexibilité mentale) ;
- le langage et l’attention;
- les principales formes d’amnésie: antérograde, rétrograde, quasi‑totale.
Un temps spécifique est dédié au plongeon rétrograde, situation fréquente en EHPAD (résident cherchant sa mère, voulant aller chercher ses enfants à l’école, etc.) :
- définition et principe du plongeon rétrograde ;
- manifestations typiques ;
- façons adaptées de réagir pour rassurer sans brusquer, ni contredire de manière frontale.
Les autres troubles cognitifs sont explorés de façon pratique :
- troubles du langage (aphasie): fonctionnement du langage, types d’aphasie, impacts sur la communication quotidienne ;
- troubles de la motricité volontaire (apraxie): difficultés à réaliser des gestes pourtant connus, répercussions sur l’habillage, la toilette, l’alimentation ;
- troubles de la reconnaissance (agnosie): impossibilité de reconnaître des objets, des lieux, parfois des proches ;
- anosognosie: absence de conscience des troubles ;
- désorientation spatio‑temporelle: difficultés à se repérer dans le temps, dans l’espace, au sein de l’EHPAD.
Chaque type de trouble est relié à des conséquences concrètes sur la vie quotidienne et à des pistes d’adaptation pour les équipes.
Repérer et gérer les troubles psycho‑comportementaux
Les troubles psycho‑comportementaux (TPC) sont fréquents dans la maladie d’Alzheimer et peuvent profondément marquer le climat d’une unité. La formation reprend la définition proposée par la Haute Autorité de Santé, en distinguant :
- les troubles silencieux, parfois discrets mais lourds de conséquences (repli, apathie, tristesse) ;
- les troubles perturbateurs, visibles et souvent sources de tensions (agitation, cris, agressivité).
Les principales catégories de troubles sont passées en revue :
- troubles affectifs: dépression, anxiété, apathie, euphorie, instabilité de l’humeur ;
- troubles psychotiques: délires, hallucinations ;
- troubles du comportement: agitation, agressivité, désinhibition, comportements moteurs aberrants, déambulation ;
- troubles neurovégétatifs: troubles du sommeil, troubles des conduites alimentaires.
L’accent est mis sur :
- la compréhension du sens possible de ces comportements ;
- les attitudes et réactions qui apaisent plutôt qu’elles ne majorent la crise ;
- la coordination avec le médecin pour limiter les situations de polymédication.
Adapter l’environnement de l’EHPAD aux troubles Alzheimer
L’environnement physique joue un rôle déterminant dans la sécurité et le bien‑être des résidents. La formation insiste sur des objectifs simples mais puissants : rassurer, stabiliser, faciliter l’orientation.
Les professionnels travaillent sur :
- les repères temporels: pendules, calendriers, éphémérides, programmes de journée type, utilisés activement dans la relation aux résidents ;
- les repères spatiaux: identification claire des espaces de vie, indications lisibles, association écrits / pictogrammes ;
- la gestion de la lumière: éclairer les lieux cibles (lieux de vie, sanitaires, chambres) et limiter la mise en avant des zones à éviter (buanderie, salle du personnel, espaces techniques) ;
- la réduction des stimulations anxiogènes: limitation des bruits inutiles ou difficilement identifiables (télévision, radio, sonneries), création d’espaces de déambulation stables et dégagés ;
- le respect de l’appropriation du lieu par le résident (place habituelle, objets personnels, routines rassurantes).
Approche relationnelle et communication avec les résidents
Accompagner une personne atteinte de maladie d’Alzheimer nécessite une posture professionnelle spécifique. La formation aide les participants à se préparer à la prise en soin:
- connaître les manifestations comportementales possibles de la maladie ;
- accepter la complexité de certaines situations sans se sentir en échec ;
- se situer dans une logique de travail en équipe;
- éviter les attentes irréalistes et les objectifs inadaptés.
Les principes de la relation d’aide sont travaillés de manière concrète :
- empathie et écoute active ;
- absence de jugement et neutralité bienveillante ;
- recherche de compréhension plutôt que confrontation ;
- respect de la dignité, même en situation de grande dépendance.
Un temps fort est consacré à la communication:
- identifier les difficultés spécifiques de communication avec un résident Alzheimer ;
- mettre en œuvre les 10 règles de communication proposées dans la formation ;
- éviter les erreurs fréquentes (questionner trop vite, contredire frontalement, infantiliser, etc.) ;
- développer une communication adaptée avec les résidents qui ne parlent plus: regard, toucher, rythme, environnement.
La formation aborde aussi le rôle de surveillance et de prévention des soignants :
- repérage des pathologies intercurrentes ;
- optimisation et surveillance des traitements médicamenteux ;
- vigilance face aux risques de polymédication.
Organisation des actes de la vie quotidienne
L’un des points forts de cette formation est de transformer la théorie en ajustements très concrets dans l’organisation des soins :
Soins d’hygiène et aide à la toilette
- rappel des objectifs des soins d’hygiène auprès des résidents présentant des troubles cognitifs ;
- différentes formes de toilette et adaptation au profil du résident ;
- notion de toilette évaluative pour observer les capacités et adapter le projet d’aide ;
- démarche d’amélioration continue par l’équipe (essai / test / évaluation / ajustements).
Gestion de l’incontinence
- réflexion sur les types de protections ;
- prise en compte des horaires et de la fréquence d’élimination ;
- organisation permettant de préserver au maximum l’autonomie et l’estime de soi du résident.
Organisation des repas
- rôle des soignants dans l’ambiance des repas et la prévention des troubles alimentaires ;
- place de la stimulation adaptative (incitation, aide au geste, maintien de l’autonomie) ;
- importance de la durée des repas et du lieu choisi (bruit, repères, confort).
Coucher, nuit et lever
- accompagnement des résidents au moment du coucher : horaires, rituels, ajustements individuels ;
- éléments favorisant le sommeil et la diminution des éveils anxieux ;
- prise en compte de l’inversion du cycle nycthéméral, fréquente dans la maladie d’Alzheimer ;
- gestion des réveils et déambulations nocturnes ;
- articulation entre équipes de jour et de nuit pour une continuité de l’accompagnement ;
- organisation concrète du lever: horaires les plus favorables pour le résident et l’institution, conditions d’un réveil serein.
Mises en situation, études de cas et vidéo pédagogique
La formation privilégie une pédagogie active, à partir de supports concrets et de situations réelles.
Un temps est dédié au visionnage du film "Évadés du réel", intégré aux outils Mobiqual. Ce support offre :
- une immersion dans différents établissements accueillant des personnes atteintes de maladie d’Alzheimer ;
- des analyses d’experts (psychologues, aides médico‑psychologiques, aides‑soignants, cadres de santé, gériatres, etc.) ;
- des témoignages de familles confrontées à la maladie d’un proche.
Après le visionnage, les participants sont invités à échanger et à relier le contenu du film à leurs propres pratiques.
Des jeux de rôle permettent ensuite de travailler des situations fréquentes :
- Se présenter à un résident: analyser et améliorer les éléments verbaux et non verbaux de la présentation.
- Inviter un résident à la toilette: renforcer les stratégies favorisant l’adhésion et le respect de l’intimité, y compris en cas d’opposition.
- Réagir face à un résident qui insulte: identifier les attitudes à privilégier (décentration, désescalade) et celles à éviter.
- Communiquer avec un résident qui ne parle plus: développer des repères de communication non verbale, centrés sur le rythme, la distance et la qualité de présence.
Une pédagogie active et valorisante pour les équipes
Pour garantir l’appropriation des contenus, la formation alterne en permanence théorie et pratique :
- apports théoriques clairs et structurés, pour donner des repères fiables ;
- contenu méthodologique pour organiser concrètement les soins et l’accompagnement ;
- analyse des pratiques professionnelles, à partir de situations apportées par les participants ;
- brainstormings et questionnements collectifs pour faire émerger les ressources de l’équipe ;
- études de cas illustrant différentes formes de troubles et de réponses possibles ;
- visionnage de séquences vidéo pour soutenir la réflexion et susciter l’échange.
Deux temps d’évaluation structurent le parcours :
- une évaluation initiale des attentes et des connaissances au début de la formation ;
- une évaluation finale de la qualité de la formation et des connaissances acquises.
Cette démarche valorise les professionnels, met en lumière leurs acquis et leurs progrès, et facilite la mise en œuvre d’un plan d’actions à l’issue de la formation.
Quels bénéfices pour votre EHPAD ?
Mettre en place cette formation dans votre établissement, c’est investir à la fois dans la qualité de vie des résidents et dans le confort de travail de vos équipes. Parmi les bénéfices attendus :
- Une meilleure compréhension des résidents: moins de malentendus, plus de cohérence dans les réponses apportées aux comportements déroutants.
- Une réduction des tensions: approche plus apaisée des troubles psycho‑comportementaux, diminution des situations de crise.
- Une amélioration du climat d’équipe: langage commun, repères partagés, soutien mutuel renforcé.
- Une communication plus fluide avec les familles: capacité à expliquer la maladie, à rassurer, à associer les proches au projet d’accompagnement.
- Une sécurisation des pratiques: environnement mieux adapté, actes de la vie quotidienne mieux pensés, vigilance accrue sur les facteurs de risque.
- Une valorisation de l’établissement: démarche de formation continue visible, qualité de prise en soin reconnue, attractivité renforcée pour les professionnels comme pour les familles.
Modalités pratiques et adaptation à votre projet
Cette formation s’intègre facilement dans un plan de développement des compétences en EHPAD ou dans d’autres structures médico‑sociales accueillant des personnes âgées ou des personnes présentant des troubles cognitifs.
Les points clés à retenir :
- Format : 14 heures sur 2 jours, en présentiel ou en visioconférence.
- Groupe limité à 12 participants pour favoriser la participation active.
- Contenu modulable pour s’adapter à votre contexte (profil des résidents, organisation, projets en cours).
- Intervention possible dans différents types de structures médico‑sociales et sanitaires (EHPAD, centres hospitaliers, FAM, SAMSAH, etc.).
En choisissant la formation maladie alzheimer, vous offrez à vos équipes un cadre sécurisant pour poser leurs questions, partager leurs expériences, et surtout repartir avec des outils concrets pour mieux accompagner, au quotidien, les personnes vivant avec une maladie d’Alzheimer ou apparentée.
C’est un levier puissant pour renforcer la qualité des soins, la bientraitance institutionnelle et le sens du travail des professionnels.
